Chartered Surveyors: témoignage - une qualification pour les professionnels de l'immobilier

print

La session de juin 2008 des examens de RICS France a permis à 47 candidats de nous rejoindre en obtenant leur qualification de Chartered Surveyor. Nous avons demandé à quelques nouveaux Chartered Surveyors qui ont reçu les félicitations du jury de se découvrir un peu plus :

• Pierre-David Baylac-Martres MRICS, Goodman Property Investors France

• Frédéric Invernizzi MRICS, Hill & Associés

• Philippe Munch MRICS, Groupe CKD

• Bernard Piganiol MRICS, Poste Immo

• Tanneguy de Guerpel MRICS, Ad Valorem Expertises

• Thomas Brault MRICS, Areva

Marc Ménagé : Quelle est l’activité qui vous passionne le plus dans votre métier ?

Bernard Piganiol MRICS : j’ai exercé successivement en un peu plus de 20 ans et avec beaucoup de bonheur les métiers de conseil en immobilier d’entreprise, de directeur de programme, de directeur de l’urbanisme, de responsable technique, de directeur territorial de l’immobilier et d’Asset Manager. Ma fonction actuelle de directeur de la valorisation des actifs à Poste Immo me permet de composer avec toutes ces expériences précédentes pour tirer le meilleur parti du patrimoine.

Tanneguy de Guerpel MRICS : j’apprécie particulièrement deux aspects de mon métier: construire le raisonnement qui va me permettre d’aboutir à la détermination de la valeur, en fonction du marché sur lequel se situe l’immeuble; découvrir des propriétés d’exception sur la Côte d’Azur, puisque je suis fréquemment missionné pour estimer des résidences secondaires de luxe entre Saint-Tropez et Monaco.

Frédéric Invernizzi MRICS : la phase opérationnelle, sans aucun doute. Le moment où l’on prend possession de l’immeuble, ou du terrain à construire, est le plus exaltant et vertigineux ; tout reste à faire, on se trouve enfin confronté à la réalité du terrain après avoir imaginé toutes sortes de modèles financiers. C’est sûrement dans la phase chantier d’une opération immobilière que les rapports humains ont le plus d’importance, et c’est l’aspect que je préfère : assembler les hommes, constituer l’équipe, la fédérer autour d’une réalisation, la stimuler au maximum pour surmonter les difficultés, et enfin atteindre les objectifs fixés. Tout l’enjeu, et le plaisir de mon métier se situent là.

Philippe Munch MRICS : mes deux activités principales correspondent à la direction commerciale d’une entreprise générale de bâtiment et à la gérance d’une société de montage d’opérations immobilières. C’est cette dernière activité qui me passionne le plus. Je la trouve particulièrement enrichissante car elle repose sur la réunion de compétences pluridisciplinaires : de l’identification d’un besoin à la réalisation d’un produit immobilier, il s’agit de piloter un projet et des équipes en conciliant les différentes contraintes du programme.

Pierre-David Baylac-Martres MRICS : Le plus passionnant dans mon métier c’est la

richesse des approches et des contacts. En tant qu’Investment manager, nous avons un produit (l’immeuble) et 2 clients : le locataire et l’investisseur. La richesse de mon métier est pouvoir être au centre de la relation locative, de l’acquisition et de la gestion des actifs et des fonds.

Thomas Brault MRICS : c’est la diversité des problématiques immobilières auxquelles je me trouve confronté dans le monde qui est passionnante. En tant que «end-user », il faut simplifier des situations qui peuvent sembler complexes : achat ou vente de terrain,construction d’usines et de bureaux, location, standardisation de l’aménagement et du Facility, etc. A chaque fois c’est une équation à plusieurs inconnues ; des inconnues sur les pratiques et usages professionnels, sur les

situations juridiques et fiscales, sur les compétences des prestataires et intermédiaires. C’est ce qui rend ce métier riche en expériences et en contacts. Même si les marchés immobiliers internationaux sont endémiques, il faut adapter sa vision globale en agissant localement.

Marc Ménagé : Vous avez rejoint la RICS en obtenant en juin les félicitations du jury !

Quels ont été les facteurs clés de votre préparation à l’examen ?

Bernard Piganiol MRICS : je dirais, avoir un bon Conseiller, en l’occurrence Laurent

Conrad MRICS, qui a été attentif et méticuleux, avoir pu baser mon analyse critique sur un dossier que je traitais dans mon activité professionnelle, à la fois très complet et complexe, avoir considéré ce travail comme une réelle formation, avoir envie de partager ce sujet passionnant avec le jury !

Tanneguy de Guerpel MRICS : je pense que le candidat à la qualification de Chartered Surveyor doit avoir une qualité et un atout. Sa qualité, c’est la curiosité. Son meilleur atout, c’est son conseiller. J’en profite pour remercier celui qui m’a accompagné, Guillaume Cailloux MRICS, et qui a accepté de se rendre disponible pour m’orienter, m’encourager, et me faire répéter mon analyse critique. En ce qui concerne l’actualisation de mes connaissances, je m’efforce de lire les dépêches et les newsletters auxquelles je suis inscrit...

Frédéric Invernizzi MRICS : mon associé, Hugues Lacombe MRICS, m’a dès le début

« stressé » sur l’examen : préparer à l’avance le mémoire pour prendre le temps de le relire plusieurs fois sans complaisance. Chercher à raconter une histoire immobilière, ne pas noyer le rapport sous les informations et les annexes, mais rendre la lecture attractive et rapide. Pour l’oral, il faut évidemment mettre à jour ses connaissances générales immobilières, lire et apprendre, vérifier sa capacité à expliquer une réforme ou une règlementation technique, faire des fiches de synthèse. Je crois qu’il faut comprendre l’oral dans une approche résolument dynamique, en donnant du rythme lors de l’entretien, plutôt que d’attendre les questions et les réactions du jury. Il s’agit en réalité d’une conversation à bâtons rompus entre professionnels : donc convaincre simplement de son savoir-faire professionnel.

Philippe Munch MRICS : après avoir choisi un sujet d’analyse critique qui m’a paru intéressant (le montage d’une opération de résidence services seniors), je me suis efforcé de remettre en perspective les différentes étapes clés du projet et de prendre du recul par rapport aux orientations prises. L’exercice, qui demande du temps, ne manque pas d’intérêt. Puis j’ai préparé le rapport écrit et la présentation orale en ayant à l’esprit le degré d’exigence et le professionnalisme de la RICS.

Pierre-David Baylac-Martres MRICS : j’ai abordé la préparation à l’examen avec humilité. J’ai beaucoup consulté les «anciens», les Chartered Surveyors expérimentés, mon conseiller Andy Watson MRICS en tête, pour me mettre dans l’ambiance du Jury RICS. Ensuite, je conseillerais de préparer une présentation orale concise du rapport en 10 minutes, comme une présentation professionnelle.

La discussion avec le jury était un véritable échange de points de vue sur des sujets variés qui relèvent plus de la curiosité du métier et de la culture générale immobilière que d’une préparation spécifique. Je crois que, dans mon cas, le principal facteur de réussite était mon envie profonde de devenir Chartered Surveyor, le reste a suivi !

Thomas Brault MRICS : avec mon tuteur, que je tiens à remercier, nous nous étions fixé comme objectif de traiter des cas clairs et concis qui mettaient en avant l’intégralité des mes compétences (management, stratégie, résolution de problèmes) et qui démontraient que mon travail était en accord avec les grands principes de la RICS (professionnalisme, responsabilité et d’objectivité ainsi qu’équité, transparence et d’honnêteté). Pour l’évaluation finale, nous avons préparé comme s’il s’agissait d’un rendez-vous professionnel.